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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 23:08

 

Le matin du dimanche-gras, alors que le carnaval battait son plein, mon regard
s'arrêta sur cette très ancienne façade binchoise.
Et je me suis souvenue d'un article écrit en 1998 par ma fidèle amie Nic,
rédactrice pour un journal et sacrée belle plume.
J'ai ressorti son texte du tiroir aux souvenirs pour le partager avec vous
car il illustre à merveille ma photo - ou l'inverse...

Le nez en l'air

Au propre ou au figuré, nous ne regardons pas plus loin que le bout de nos pieds.
Sans TV, journaux, bouquins ni Internet pourtant, juste en pointant le nez en l'air, c'est tout un passé, des sensations, une nature, une culture, une humanité qui s'offrent à nous.

Le nez en l'air...  Par exemple, pour connaître le nom des rues du vieux Namur :
du "Marché au Beurre" aux "Fossés fleuris" en passant par celle des Fripiers ou de la Halle, ces venelles nous promènent en "visiteurs" pour quelques pas dans le début du 18e siècle et même bien avant.  Pour déchiffrer, en lettres ternies sur le fronton de ce qui fut un "bazar" à Tamines, ces mots sinistres "Aux six brûlés, aux six sauvés" qui nous renvoient au massacre de la population par les Allemands le 22 août 1914.  Ou encore pour contempler cette superbe "Maison dorée" flamboyante d'or et de briques rouges, au Boulevard Defontaine à Charleroi, et tous les balcons en fer forgé et vitraux aux rondeurs souples, pures et harmonieuses d'un "art nouveau" qui naissait il y a juste un siècle.

Narines au vent qui reconnaissent, chez un inconnu qui passe, une eau de toilette ou le corsé d'un tabac aimé et qu'on avait oublié, qui hument le parfum sensuel et puissant de la terre après la pluie, l'herbe fraîchement coupée, le foin qui sèche au soleil.

Pointés vers le ciel, les naseaux, pour suivre du regard le vol aussi frénétique que parfaitement immobile du faucon crécerelle ou les larges vrilles majestueuses et lentes du busard, gettant chacun avec sa stratégie personnelle, l'instant de plonger sur sa proie.

Toujours plus haut le museau, dans le panier d'osier d'une montgolfière : vertige, pas celui que vous croyez, mais l'incomparable et grisante volupté de s'éloigner du sol, de nos racines, silence, immensité, liberté.

Les pieds bien sur terre enfin, le nez pointé devant.  Pour sourire à un passant.  Echanger quelques mots avec un mendiant plutôt que de feindre admirer au loin les trains qui passent.
Comprendre et excuser la mauvaise humeur de l'épicière.  Deviner la petite attention qui fera plaisir à un mari ou aux enfants et accepter avec reconnaissance tous les cadeaux que la vie nous donne...  Déjà tout un programme !
                                                                                      
                                                                                        Nicole Dussart.

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Published by Danielle Buys - dans Rue
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commentaires

cat 07/11/2009 19:50


sur un mur de Chantilly, il y a ainsi une "réclame" qui s'efface petit à petit avec le temps. Je dois tjrs aller la photographier avant qu'elle ne disparaisse à jamais, mais pas facile de se garer
à cet endroit !

très joli texte, en effet auquel j'adhère totalement !


Patrick du Pays d'Halatte 19/03/2009 13:42

On en voit de moins en moins ce genre de façade. C'est bien dommage...
Bonne journée

Danielle Buys 27/03/2009 15:37


Bonjour Patrick,
Excuse-moi de te répondre si tard mais ces derniers temps, j'ai été très occupée à rafraîchir mon site.  Merci d'être passé le voir;  j'ai visité le tien également que je trouve débordant
d'intérêt.
Bon week-end.


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